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✨⭐ À la rencontre d’Aurélie OH : médiumnité, contact avec les défunts, vies antérieures et travail sur les entités

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Introduction


Aujourd'hui nous entamons un tout nouveau format d'article qui apparaîtrons de temps en temps. Je vous propose de partir à la rencontre de professionnels dans l'ésotérisme et la spiritualité, de personnes pratiquantes d'un courant spécifique qui décident avec plaisir de partager leurs quotidiens afin de le faire découvrir à un public plus large qui ne connaitrait pas forcément certains domaines.



La première de cette longue série concerne Aurélie Oh, professionnelle dans le domaine qui travaille avec ses capacités médiumniques pour accompagner les personnes à travers les contacts défunts, la découverte des vies antérieures dans le but d'un déblocage et quelques consultations spécialisées. Elle pratique également le dégagement d'entité sur les lieux mais aussi sur les personnes.


Je vous propose donc de partir avec moi à travers la découverte de son quotidien et de ses capacités. Tenez-vous prêt à rentrer dans son monde car elle est mise à l'honneur aujourd'hui !


À propos d'Aurélie OH

Aurélie OH exerce aujourd'hui différentes pratiques autour de la médiumnité et de l'accompagnement spirituel : contact avec les défunts, voyance, travail sur les blocages associés aux incarnations, dégagement d'entités, magnétisme et autres pratiques énergétiques. Elle possède par ailleurs une formation en exorcisme et travaille ponctuellement en collaboration avec d'autres praticiens lorsqu'une situation dépasse son propre champ d'intervention.


Photo de notre practicienen du jour, Aurélie Oh.
Photo de notre practicienen du jour, Aurélie Oh.

Elle développe actuellement son site internet et peut, dans l'attente de celui-ci, être retrouvée via sa page dédiée sur les réseaux sociaux ainsi que son Instagram.


Dans cette interview, elle revient sur son parcours, sa conception de la médiumnité, sa manière de travailler avec les défunts, sa vision des incarnations et de l'espace-temps, mais aussi sur les précautions et les limites éthiques qu'elle considère indispensables dans ces domaines. Pour tenter d'aller au-delà des clichés liés aux pratiques médiumniques, nous sommes allés à la rencontre d'Aurélie OH. Son parcours est loin de correspondre à l'image classique que l'on pourrait se faire d'une médium : ancienne directrice artistique et graphiste, elle revendique une approche très pragmatique de ses pratiques et se définit volontiers comme quelqu'un de parfaitement ordinaire exerçant une activité qui, pour elle, s'est développée progressivement au fil des années et de son expérience.


Important : cet article rapporte la vision, les croyances et les méthodes d'Aurélie OH telles qu'elle nous les a présentées lors de l'entretien. Les notions de défunts, d'entités, de vies antérieures ou de plans spirituels appartiennent à son cadre de pratique et à sa conception de l'invisible ; elles ne constituent pas ici une vérité pour tous le monde. Nous avons tous nos propres partiques.


I. Son portait en quelques paragraphes.

✦ D'une carrière artistique à la médiumnité : on dresse son portrait

Avant de travailler dans le domaine spirituel, Aurélie a passé vingt ans dans le milieu de la direction artistique et du graphisme. La spiritualité n'était pourtant pas totalement étrangère à son parcours.


Elle explique s'y être intéressée depuis très longtemps, notamment à travers la lecture et l'écoute de nombreuses conférences et ceux depuis l'enfance. Ce qui est intéressant dans son histoire, c'est qu'elle ne décrit pas une rupture brutale entre une vie « rationnelle » et une vie tournée vers l'ésotérisme. Au contraire, elle raconte avoir exploré différentes choses presque naturellement, sans forcément mettre immédiatement un nom sur ce qu'elle expérimentait et ce qu'elle apprennait.


Dans une suite logique, certaines capacités sont ainsi apparues ou se sont développées progressivement. Le magnétisme, par exemple, a commencé de manière très spontanée : ses guides lui ont demandé de tenter quelque chose pour soulager un mal de tête ainsi qu'une entorse au poignet, elle l'a fait, et le résultat l'a poussée à poursuivre son exploration dans les divers domaines de l'ésotérisme.

La voyance, elle, était déjà quelque chose qu'elle avait pratiqué plus jeune, notamment lorsqu'elle était étudiante. Mais elle avait fini par arrêter, notamment parce qu'elle avait du mal avec les personnes qui venaient chercher une réponse attendue et précise et qui n'acceptaient pas forcément celle qui leur était donnée.

Puis, petit à petit, les pratiques au quotidien ont repris une place dans sa vie. Et il y a environ six ans, son activité a véritablement pris une tournure professionnelle, de sorte qu'elle a abandonné sa carrière artistique pour se lancer pleinement dans un quotidien qui va être rythmé par ses capacités médiumniques.


Ce qui frappe dans son récit, c'est donc moins l'idée d'une « révélation » que celle d'une évolution progressive : apprendre, expérimenter, constater ce qui fonctionne pour elle, rencontrer les bonnes personnes et approfondir certaines techniques.


✦ Une sensibilité présente depuis l'enfance

Lorsqu'on l'interroge sur ses premières expériences, Aurélie remonte très loin. Petite, elle pensait notamment que tout le monde pouvait communiquer avec les animaux et que tout le monde percevait des entités car elle en était capable. Elle n'avait donc pas immédiatement conscience que certaines de ses expériences pouvaient être considérées comme particulières et/ou dans le domaine du spirituel.

Cette absence de comparaison avec une « normalité » différente de la sienne est un élément important dans son histoire. Lorsqu'une personne grandit avec certaines perceptions, elle peut tout simplement les considérer comme faisant partie du fonctionnement ordinaire du monde. Elle raconte également avoir beaucoup lu et écouté de conférences avant même de professionnaliser sa pratique. Pour elle, l'apprentissage théorique a donc toujours accompagné l'expérience, elle a tenu d'ailleurs à plusieurs reprises pendant l'interview à mettre en valeur l'apprentissage avant de passer à la pratique qui, pour elle, est d'une importance capitale !


II. La médiumnité et le médium : explications de ses perceptions.


La médiumnité est souvent entourée de mystère, de fantasmes et de nombreuses idées reçues. Pour certains, elle relève d'un don exceptionnel ; pour d'autres, d'une sensibilité particulière, d'un apprentissage ou encore d'une tradition spirituelle. Entre les représentations populaires, les pratiques ésotériques contemporaines et les expériences personnelles de ceux qui les exercent, il n'est pas toujours facile de savoir ce qui se cache réellement derrière le terme de « médium ».


✦ Le médium : un « don » ou une capacité que l'on travaille ?

C'est probablement l'un des premiers clichés qu'Aurélie souhaite déconstruire autour de son propre monde. Contrairement à l'image du médium qui serait mystérieusement « choisi » à la naissance et posséderait un pouvoir extraordinaire, elle considère la médiumnité comme une capacité qui peut être travaillée et développée à l'image de tout autre savoir-faire. Selon elle, tout le monde pourrait potentiellement devenir médium, même si tout le monde ne le deviendra pas nécessairement — et surtout, tout le monde n'a pas forcément intérêt à le devenir.


Elle compare cette capacité à un muscle : certaines personnes peuvent avoir davantage de facilités naturelles, mais la pratique et l'entraînement restent essentiels.

" Tout le monde peut devenir médium, tout le monde ne le devient pas" Aurélie Oh.

Cette conception modifie complètement la représentation traditionnelle du « don ». Pour Aurélie, il ne s'agit pas de se reveiller un matin et de recevoir soudainement un pouvoir magique, mais plutôt de développer une capacité de perception et d'apprendre à la maîtriser progressivement. Et cette maîtrise nécessite, selon elle, de travailler également sur soi et d'avoir une certaine rigueur.


Elle précise que la pratique peut parfois confronter le médium à des expériences difficiles, à des situations émotionnellement lourdes ou à des perceptions qu'il doit apprendre à gérer. Elle insiste donc sur la nécessité d'avoir suffisamment de stabilité et de recul pour exercer par la suite correctement et faire face à ce que les praticiens peuvent ressentir via leurs capacités extrasensorielles.


✦ Voir, entendre, ressentir : comment fonctionnent ses perceptions ?


Credit photo @May Roher
Credit photo @May Roher

Lorsqu'on parle de médiumnité, plusieurs termes apparaissent régulièrement : clairvoyance, clairaudience, clairsentience, claircognizance… Aurélie explique utiliser plusieurs de ces modes de perception sans forcément toutes les posséder.


  • La perception visuelle

Lorsqu'elle dit « voir », elle ne parle pas nécessairement d'une apparition physique devant ses yeux. Elle décrit plutôt une image intérieure, comparable à l'image mentale que nous pouvons avoir lorsque quelqu'un nous demande par exemple de penser à une banane. Elle ne voit donc pas systématiquement les défunts comme des silhouettes transparentes se tenant devant elle.


  • L'audition

Elle décrit également une forme d'audition intérieure (clairaudience), comparable à une conversation téléphonique. Les informations peuvent donc apparaître sous forme de mots, de phrases, d'images, d'émotions ou de concepts qui lui viennent comme si quelqu'un lui parlait naturellement.


  • Les sensations

La dimension corporelle tient également une place importante pour elle. Dans un contact avec un défunt, par exemple, lorsque celui-ci désire lui montrer la façon dont il est parti, elle peut ressentir une oppression, une douleur ou une sensation particulière. Elle interprète ensuite ces sensations en fonction des informations reçues qu'elle perçoit.


  • Les odeurs et autres perceptions

Des perceptions olfactives peuvent également apparaître lors d'un contact. Son expérience médiumnique repose donc sur plusieurs canaux : images intérieures, sons, sensations, émotions, odeurs et impressions diverses.


✦ Une médiumnité qui nécessite de savoir « couper » dans le quotidien.

Contrairement à l'image d'une personne constamment connectée à l'invisible, Aurélie insiste sur un point : la médiumnité n'est pas, selon elle, un état qu'il faut conserver "permanent". Elle compare même son fonctionnement à celui d'un appareil que l'on peut allumer et éteindre avec la nécessité de "recharger les batteries" sous peine de le vivre très difficilement.


Elle explique avoir besoin d'être en suffisamment bonne condition physique et mentale pour pratiquer correctement. La fatigue, le stress, la maladie ou simplement une mauvaise hygiène de vie peuvent influencer ses perceptions et pense que c'est une règle universelle pour tous les médiums. Elle veille donc notamment à son sommeil, à son alimentation et à son équilibre général pour ne pas entraver la qualité de son travail. Cette discipline fait partie intégrante de son métier. Elle explique par exemple qu'elle évite de programmer une consultation importante après une soirée avec des amis où elle sait qu'elle sera par la suite fatiguée. Pour elle, être médium ne dispense donc pas d'avoir une hygiène de vie ordinaire : au contraire, cette dernière participe à la qualité de sa pratique.


✦ Une approche très éloignée du cliché « New Age »

L'une des particularités du discours d'Aurélie est son refus de se reconnaître dans tous les codes associés au mouvement "New Age" qui apparaissent à notre époque.

Elle revendique une approche très concrète et affirme que ses pratiques ne définissent pas l'intégralité de sa personnalité. Cette distinction entre la personne et sa pratique lui paraît également importante.

Elle refuse notamment l'idée selon laquelle un médium serait constamment dans une sorte d'état mystique ou de connexion permanente avec « l'univers ». Dans sa vie quotidienne, elle tricote, joue du piano, va à la piscine, regarde la télévision et s'adonne à des activités parfaitement ordinaires. La médiumnité constitue une partie de sa vie, mais elle n'en est pas l'intégralité.


✦ Alors, comment devient-on praticien dans ces disciplines ?

Aurélie ne s'est pas construite seule. Elle explique avoir été formée auprès de beaucoup de ses pairs, principalement 3 avec notamment un confrère avec lequel elle travaille depuis environ six ans. Sa vision de la formation est cependant assez différente de certains modèles de "stages ésotériques" à la semaine qui est devenu à la mode.


Certaines techniques, notamment celles concernant le travail avec les entités, sont selon elle très concrètes et peuvent être apprises relativement rapidement sur le plan théorique. Le véritable apprentissage vient ensuite avec la pratique et l'expérience.

Elle considère d'ailleurs qu'il est important de rencontrer plusieurs personnes compétentes (et d'être sur le début du cheminement de sa pratique accompagné par eux) plutôt que de rechercher nécessairement un unique maître dans le domaine. Elle mentionne notamment pour illustrer, l'apprentissage du vélo, quand le parent hôte les petites roues, il reste tout de même présent et attentif jusqu'à l'acquisition de l'autonomie de l'enfant.


Chaque praticien peut avoir ses propres domaines de prédilection et ses propres compétences, elle insiste d'ailleurs sur le fait que les pratiques de certains peuvent compléter les pratiques d'un autre. L'idée de réseau revient plusieurs fois dans son discours.

Aurélie n'est pas une praticienne qui prétend pouvoir tout faire elle-même. Elle travaille notamment avec un confrère lorsqu'une situation implique, selon son interprétation, une problématique de magie avant qu'elle n'intervienne sur les entités. Elle estime également qu'un praticien sérieux doit pouvoir orienter son consultant vers quelqu'un d'autre lorsque la situation dépasse ses compétences et surtout qu'il n'y a pas de honte à le faire. Pour elle, avoir un carnet d'adresses composé de praticiens sérieux permet de mieux accompagner les personnes afin de les aider à régler leur problématique plutôt que de prétendre pouvoir répondre à toutes les demandes.


III. Le contact avec les défunts


Parmi les pratiques d'Aurélie, le contact avec les défunts occupe une place assez importante qu'elle va nous détailler. Mais là encore, elle décrit une méthode relativement structurée.


Avant une consultation, et ce à partir de photographie et des dates de passage sur terre du défunt, elle entre en contact avec lui avant la séance elle-même. La première partie de la consultation est consacrée à une phase de validation durant laquelle le défunt lui donne des informations connues uniquement de lui et du consultant.

Elle donne alors au consultant différentes informations concernant le défunt, sans que celui-ci ait à lui fournir les réponses. L'objectif est que la personne puisse reconnaître elle-même son proche à travers des détails suffisamment précis pour valider son "identité". Aurélie indique qu'elle considère qu'une quantité importante d'informations doit être confirmée avant de poursuivre et d'entamer vraiment la séance. Cette étape possède pour elle une double fonction : permettre au consultant de s'assurer qu'il s'agit bien de son proche, mais aussi vérifier qu'elle ne se trouve pas face à une autre présence tierce se faisant passer pour lui, selon son cadre de croyance.

Une fois cette validation effectuée, le consultant peut alors poser ses questions et recevoir les informations transmises par l'intermédiaire de la médium.


Aurélie se décrit ainsi davantage comme une interprète entre le consultant et le défunt plutôt qu'une prophétesse qui détiendrait toutes les connaissances - comme les nombreux clichés sur ce métier le véhiculent.


✦ Tous les contacts ne sont pas acceptés

L'une des dimensions les plus intéressantes de son approche est la place accordée aux limites morales et éthiques. Elle ne considère pas qu'une personne puisse demander à contacter absolument n'importe quel défunt : elle privilégie notamment les personnes ayant réellement connu le défunt et pouvant donc confirmer les informations transmises tout en ayant un intérêt réel à entrer en contact avec lui. Elle précise également que l'éthique est aussi et surtout : que le consultant fasse partie du cercle intime de la personne (on ne parle évidemment pas d'un simple collègue de travail qui voudrait vouloir communiquer avec son collègue disparu. C'est plus une forme de respect pour la famille du défunt qui ne donnerait peut-être pas son accord vis-à-vis de cette personne).


Elle refuse donc dans cette optique les demandes de personnes n'ayant aucun lien avec la personne décédée, car il devient impossible de vérifier correctement les informations reçues. Une personne qui ne connaissait absolument pas le défunt ne pourrait pas savoir si une anecdote ou un détail transmis correspond réellement à sa vie.


✦ La question de l'attente avant de contacter un proche décédé.

Aurélie recommande également en général un délai de trois à six mois après le décès avant d'envisager un potentiel contact. Ce délai n'est pas présenté comme une impossibilité technique absolue : elle raconte elle-même avoir vécu un contact avec sa grand-mère quelques heures après son décès. Mais elle distingue ce qui serait possible sur le plan de la pratique de ce qui lui semble souhaitable pour la personne endeuillée car selon elle, dans les premières phases du deuil, la sidération, la colère ou le besoin urgent de retrouver la personne peuvent rendre une consultation particulièrement délicate et inconfortable.


Le contact doit donc, dans sa conception, intervenir davantage comme un dernier au revoir, permettant de mettre certaines choses à plat, plutôt que comme un moyen de maintenir indéfiniment la relation avec le défunt. Elle décrit des consultants qui, après une séance, ressentent un apaisement et n'éprouvent plus nécessairement le besoin de recommencer quand elle est bien réalisée.


✦ Et si le défunt ne veut pas parler ?

C'est une autre particularité de sa conception du monde des morts. Selon Aurélie, le défunt possède lui aussi une forme de libre arbitre tous comme nous l'avons lors de notre propre vie parmi les vivants. Elle raconte avoir déjà vécu des situations dans lesquelles une personne décédée ne souhaitait tout simplement pas communiquer avec le vivant. Parfois, elle estime aussi que la présence d'un défunt lors d'une consultation n'a pas forcément pour objectif de répondre à la demande initiale du consultant, mais peut avoir une toute autre raison. Le défunt n'est donc pas présenté comme une source d'informations disponible à volonté.

Cette conception rejoint l'un des principes qu'Aurélie met régulièrement en avant : la pratique ne doit pas supprimer le libre arbitre et bien entendu le consentement.


Autre point de discussion, pour Aurélie, les contacts ne concernent pas uniquement les êtres humains. Elle raconte avoir déjà perçu des animaux auprès de personnes décédées, notamment des chiens, ainsi qu'une expérience concernant le lapin de sa fille. Dans ces situations, l'animal peut donc apparaître comme une présence associée au défunt. Le contact ne semble alors pas seulement limité à l'être humain.


✦ Une médium qui accepte de se tromper

Autre élément important dans son discours : Aurélie reconnaît ouvertement qu'elle peut se tromper. Pour elle, être médium ne signifie évidemment pas être infaillible. Cette possibilité d'erreur explique justement l'importance qu'elle accorde aux phases de validation lors des contacts avec les défunts.

Si les informations données ne correspondent pas suffisamment à la personne recherchée, elle explique pouvoir interrompre la consultation et proposer un remboursement immédiat.

Cette reconnaissance de la possibilité d'erreur constitue, à ses yeux, une part importante du sérieux de la pratique.


IV - La réincarnation et les vies antérieures.

Avant de commencer ce gros chapitre concernant ses pratiques et sa vision du monde, je vous propose de mettre en avant une notion qu'il lui semble assez importante.


Crédit photo @May Roher.
Crédit photo @May Roher.

✦ Le temps n'est pas linéaire dans sa conception de l'invisible.

L'une des parties les plus surprenantes de l'entretien concerne sa conception du temps. Pour Aurélie, le temps tel que nous le percevons — passé, présent, futur — appartient essentiellement à notre expérience terrestre. Elle considère que, dans le monde spirituel auquel elle se réfère, le temps ne fonctionnerait pas de la même manière ( avec la précision qu'on serait plus sur une notion de physique quantique sur le sujet, celle de l'espace-temps) et qu'il serait perçu de manière linéaire seulement lors de notre ou nos vies pour ne pas perturber notre cerveau humain.

C'est notamment ce qui lui permet d'envisager le contact avec des personnes décédées depuis plusieurs siècles sans considérer la distance temporelle comme un obstacle particulier ou majeur. Cette conception influence également directement sa vision des vies antérieures..


✦ Les « vies antérieures » n'en seraient finalement pas dans le temps.

Le terme « vie antérieure » est, selon Aurélie, lui-même imparfait. Pourquoi vous allez me dire ?

=> Parce que si le temps n'est pas linéaire dans sa conception spirituelle, une incarnation ne serait pas nécessairement « antérieure » à une autre.


Elle décrit plutôt l'âme comme une entité qui se subdiviserait en une multitude d'esprits destinés à expérimenter différentes incarnations avec différentes épreuves. Pour illustrer cette conception, elle utilise une image particulièrement parlante : le raisin. L'âme serait comparable à la vigne, tandis que les différentes transincarnations constitueraient les grappes présentes sur le pied et le grain serait notre incarnation actuelle. 

Chaque incarnation permettrait ainsi d'expérimenter certains aspects de l'existence pour "mûrir" et évoluer dans un processus d'élévation de l'âme.

Les esprits viendraient expérimenter la matière, les émotions, les relations, les situations et les différentes facettes de l'existence.

Certaines expériences pourraient également être reprises ou explorées sous différentes formes. Aurélie évoque ainsi une vision dans laquelle les incarnations peuvent se répondre et où certaines expériences ou certains éléments de ce qu'elle appelle le karma peuvent circuler entre elles. Cette vision rappelle par certains aspects certaines conceptions réincarnationnistes, mais Aurélie précise elle-même que sa vision ne se limite pas à une tradition historique précise.


✦ Les blocages liés aux incarnations

C'est précisément dans cette conception en grappe de raisin que s'inscrit son travail sur ce qu'elle appelle les blocages provenant des vies antérieures. Certaines difficultés rencontrées dans la vie actuelle peuvent présenter des échos avec d'autres expériences d'incarnation que nous aurions vécu. Elle donne notamment l'exemple de phobies ou de schémas répétitifs. Une personne pourrait, par exemple, connaître une peur particulièrement forte de l'eau et découvrir, dans le cadre de son travail, une histoire d'incarnation associée à une mort par noyade. Il ne s'agit donc pas nécessairement de rechercher une vie antérieure par simple curiosité, ce serait d'ailleurs de la curiosité mal placé qui mènerait avec quasi certitude à une impossibilité de réaliser la séance. Ca serait prendre le risque que ça ne fonctionne car nous ne serions pas en accord avec les loi de l'univers.


✦ Comment se déroule une séance ?

Concrètement, Aurélie réalise aujourd'hui ces séances à distance. Elle explique qu'elle travaillait auparavant en présentiel, avec un contact des mains, avant de découvrir que la pratique pouvait également être réalisée en visioconférence et serait donc plus pratiques pour le consultant et le consulté.

Pendant la séance, elle décrit ce qu'elle perçoit, comme si elle explorait une sorte d'espace intérieur ou de « réalité virtuelle ». Elle explique pouvoir avancer, revenir en arrière dans le temps et explorer différents éléments de la scène afin d'identifier ce qui semble pertinent pour la problématique présentée. La personne consultante peut prendre des notes et les deux vont ensuite déterminer quelles incarnations semblent pertinentes pour le problème étudié. Certains consultants peuvent eux-mêmes percevoir des éléments, mais ce n'est pas forcément systématique.


Sur ce sujet, Aurélie explique qu'elle ne considère pas automatiquement qu'un problème vient d'une vie antérieure. Avant de commencer ce type de travail, elle cherche d'abord à déterminer si la problématique pourrait avoir une autre origine dans son cadre de pratique. Elle cite aussi les situations qu'elle associe à la magie ou à d'autres influences énergétiques.

Ainsi, si elle estime que le problème vient d'autre chose, elle ne réalisera pas une séance sur les vies antérieures simplement parce que c'est ce que la personne avait demandé. Cette manière de procéder rejoint encore une fois son approche : ne pas vendre une prestation lorsqu'elle estime que celle-ci ne correspond pas réellement à la problématique.


V - Le travail sur les entités


Autre domaine particulièrement important dans la pratique d'Aurélie : le dégagement d'entités. Elle possède également une formation en exorcisme, qu'elle a notamment développée après avoir été confrontée, dans le cadre de ses pratiques, à des situations qu'elle interprète comme la présence d'entités ou démoniaques.

Ce fut notamment le cas dans ses débuts où elle a eu besoin d'apprendre à faire passer certains défunts bloqués dans le bas astral afin de facilité la connexion avec eux pendant la consultation. Par la suite, elle a pu commencer à les voir errer un peu partout (notamment chez elle), ce qui a nécessité un nettoyage afin de de pouvoir travailler dans un cadre plus "propre". Ce cheminement a fait que par la suite, elle a pu commencer à les dégager mais elle s'est rendue compte que certaines entités pouvaient être beaucoup plus fortes que ce qu'elle aurait pu penser. C'est dans cette optique qu'elle avait décidé par la suite de se former à l'exorcisme.

Elle explique aussi que son travail avec les défunts l'a progressivement amenée à rencontrer des entités qu'elle considère comme « perdues », puis des situations qu'elle associe à des présences démoniaques. Elle distingue donc plusieurs types de phénomènes dans son propre cadre de pratique et ne considère pas qu'une entité soit nécessairement identique à un défunt.


✦ Une pratique qu'elle considère comme technique

Pour Aurélie, le travail sur les entités ne relève pas uniquement d'un état mystique ou d'une intuition. Elle le décrit comme une pratique technique, qui nécessite d'être capable de percevoir ce qui se passe afin de savoir sur quoi on agit.

Le pendule ou les baguettes peuvent notamment être utilisés comme outils de vérification (ou d'ailleurs tous autre outil qui peut aider le praticiens car nous n'avons pas tous les même affinités). Dans sa pratique, ils ne constituent donc pas nécessairement la source principale de l'information : ils servent plutôt à confirmer certains éléments du travail effectué.


Sur ce sujet, Aurélie se montre particulièrement catégorique. Elle déconseille fortement aux personnes non formées de chercher à contacter des défunts ou des entités car elle estime qu'avant de vouloir ouvrir une communication avec l'invisible, il faut apprendre, étudier, comprendre les mécanismes de la pratique et surtout savoir se protéger.

=> Elle déconseille également l'écriture automatique et les pratiques comme la planche Ouija dans le cadre de sa conception du risque spirituel.


Son principe général pourrait finalement se résumer assez simplement :

"Ne pas pratiquer quelque chose que l'on ne comprend pas."


VI - Ces conseils aux personnes se lançant dans ces domaines.


✦ Une place importante donnée à la science et à la curiosité

Il pourrait être surprenant de l'entendre parler de science lorsqu'elle évoque l'ésotérisme (finalement ce sont des sciences elles-aussi). Pourtant, Aurélie encourage justement les personnes intéressées par ces domaines à lire énormément et à rester curieuses comme si il s'agissait de mathématiques, de physique ou toute autres sciences.


Elle estime qu'il faut pouvoir prendre ce qui semble pertinent dans les ouvrages anciens tout en acceptant que les connaissances continuent d'évoluer. Elle cite notamment Allan Kardec comme exemple d'auteur dont certaines bases peuvent rester intéressantes tout en rappelant que les connaissances et les interprétations ont évolué depuis le XIXᵉ siècle.


C'est aussi d'ailleurs le conseil qu'elle répète lorsqu'on lui demande quoi faire lorsqu'une personne commence à ressentir des phénomènes inhabituels et en a peur. Sa réponse est simple encore une fois : lire, étudier et comprendre.

=> Selon elle, la peur provient souvent de ce que nous ne connaissons pas. Apprendre permet donc de mettre des mots sur ce que l'on vit, de mieux comprendre les différentes pratiques et surtout de savoir où se situent leurs limites. En général quand on connait mieux un phénomène, la peur s'estompte petit à petit car ce n'est plus de l'inconnu.


✦ Faut-il toujours dire tout ce que l'on perçoit ?

Pour Aurélie, clairement : non.

Elle considère qu'un médium n'a pas nécessairement vocation à transmettre absolument toutes les informations qui lui viennent même si parfois le consultant le demande. L'exemple qu'elle donne est celui d'une éventuelle perception concernant la mort prochaine d'une personne. Même si une information de ce type lui apparaissait, elle estime qu'il serait profondément irresponsable de l'annoncer au consultant. Mais pourquoi ?

=> Parce qu'une telle information, en plus de n'avoir aucune utilité, pourrait provoquer une peur permanente et modifier complètement la manière dont la personne vivrait les mois ou les années suivantes. Le fait de pouvoir percevoir quelque chose ne signifie donc pas nécessairement qu'il faut le transmettre.


Cette réflexion mène à un autre élément fondamental de sa pratique que nous avons déjà abordé : le libre arbitre.

Pour Aurélie, la voyance ou le médiumnisme ne devrait pas consister à annoncer un avenir figé. Elle parle plutôt de possibilités et de chemins qui peuvent être proposés. La personne conserve ensuite la capacité de faire ses propres choix.

Le médium ne devient pas celui qui décide pour le consultant, mais celui qui lui apporte des informations que celui-ci pourra ensuite intégrer à sa propre réflexion.



VI - Les dérives qui l'agacent dans le milieu ésotérique.


Une partie qui m'a particulièrement amusé pour la discussion avec Aurélie, où elle a eut également beaucoup à dire : les clichés et les dérives qu'elle observe dans son domaine.


  • L'histoire du don

La première chose qui l'agace particulièrement est justement l'idée du « don ».

Elle rejette également l'image du médium constamment connecté à l'univers, capable de savoir instantanément tout ce qui concerne n'importe quelle personne. Elle explique fonctionner plutôt comme un cabinet professionnel : il existe des horaires, un cadre, une demande et surtout un consentement. Ayant appris à couper, elle ne « voit pas tout » en permanence, ce serrait un poids trop important sur n'importe quelle vie. Elle tenait également à préciser sur le sujet que nous ne nous levons pas un bon jour du lit avec Dieu sonnant à notre porte pour nous donenr toutes ses capacités. Elles se travaillent au fur et à mesure. Ce n'est pas un don du ciel.


  • « Qu'est-ce que vous voyez sur moi ? »

C'est une demande qu'elle reçoit régulièrement et qui l'agace particulièrement.

Certaines personnes semblent imaginer qu'un médium possède en permanence accès à toutes les informations concernant toutes les personnes qu'il croise.

Aurélie rejette complètement cette vision qui est lié à la problématique précédante.

Elle explique avoir besoin d'un cadre, d'informations et du consentement de la personne pour aller explorer certaines choses. Dans son fonctionnement, le médium n'est donc pas une sorte de caméra paranormale constamment allumée. Cette distinction entre vie privée et pratique professionnelle est particulièrement importante dans son discours.


  • Les « flammes jumelles » : une notion qui fait débat.

Autre sujet qui suscite une réaction très forte chez elle : celui des flammes jumelles.

Aurélie ne nie pas nécessairement l'existence de liens spirituels forts entre certaines personnes, mais elle critique vivement la manière dont la notion peut être utilisée pour justifier des relations malsaines et enfermantes. Elle considère notamment comme problématique le fait d'encourager quelqu'un à rester dans une relation toxique ou violente au nom d'un supposé lien spirituel prédestiné.

Pour elle, aucune croyance spirituelle ne devrait servir à normaliser la souffrance ou à empêcher quelqu'un de se protéger.


  • Le danger des promesses miraculeuses.

Son regard critique s'étend plus largement à certaines pratiques commerciales du milieu ésotérique. Elle met notamment en garde contre les personnes qui vendent des formations en promettant de transformer n'importe qui en médium, indépendamment de ses capacités ou de son expérience. Elle estime qu'une véritable formation devrait plutôt s'inscrire dans une relation avec des praticiens expérimentés et déjà reconnus pour leur travail. Elle se montre également critique envers certains systèmes d'initiation très coûteux et fermés sous pretexte d'une initiation.

Pour elle, l'expérience, la transmission et les résultats doivent avoir davantage de valeur que le simple prix d'une formation.


Conclusion et "pour aller plus loin".

Ce qui ressort de l'ensemble de l'entretien est peut-être cette contradiction apparente : une pratique profondément ancrée dans l'invisible, mais une manière très pragmatique de l'aborder.

Aurélie ne se présente pas comme une personne omnisciente.

=> Elle reconnaît ses erreurs.

=> Elle refuse certaines consultations.

=> Elle travaille avec d'autres praticiens.

=> Elle vérifie les informations.

=> Elle travaille au résultat, qui pour elle est la chose la plus importante de sa pratique.

Même lorsqu'elle parle de défunts, d'entités ou d'incarnations multiples, son discours revient régulièrement à la même idée : il faut savoir ce que l'on fait.


Cette interview ouvre finalement de nombreuses portes sur le vaste univers de la médiumnité : contact avec les défunts, perceptions extrasensorielles, réincarnation, vies antérieures, entités, pratiques énergétiques, protection, éthique et libre arbitre.

Elle rappelle également qu'il existe une multitude d'approches différentes au sein de l'ésotérisme et de la spiritualité contemporaine. Deux praticiens utilisant le même vocabulaire peuvent avoir des conceptions, des méthodes et des traditions radicalement différentes. C'est pourquoi la curiosité et l'esprit critique restent essentiels lorsqu'on découvre ces univers. Comme le résume finalement l'approche d'Aurélie : avant de pratiquer, il faut apprendre.


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