Sorcellement vôtre
A propos de la recette ...
Avant de débuter, je me dois d’indiquer que la liste d’ingrédients ci-dessus n’est ni exclusive et encore moins exhaustive. Par exemple, on peut utiliser des baies roses ou de la maniguette à la place du poivre noir, du cumin ou du carvi à la place de la coriandre… Il faut savoir laisser parler ses affinités sélectives, ce qui est une bonne chose puisque cela permet de concocter un hypocras à son image. Il est donc tout à fait autorisé de penser (le contraire m’étonnerait) que chaque hypocras sera bien différent d’une personne à l’autre, d’une année sur l’autre, mais également en raison des ingrédients et ustensiles utilisés, ainsi que votre propre état du moment. Le modus operandi a donc son importance.
Comme vous le voyez, de multiples facteurs entrent en ligne de compte. Tout cela va concourir à l’obtention d’un hypocras unique, donc non standardisé et introuvable en supermarché, chacun y imprimant sa propre griffe. Créativité, imagination et sensibilité sont donc au rendez-vous pour l’élaboration de cet hypocras. Venons-en maintenant au fait.

Ingredients
1 bouteille de vin rouge d’une contenance de 75 cl. Inutile de choisir un vin hors de prix, un bon vin rouge bien charpenté (Merlot, Cabernet-Sauvignon…) est amplement satisfaisant.
250 g de miel liquide : acacia, fleurs d’oranger, tilleul… Vous avez l’embarras du choix.
Du gingembre frais : la valeur du bout du pouce, épluché et tranché en fines lamelles
Un ou deux bâtons de cannelle selon la taille
5 ou 6 clous de girofle
½ cuillerée à café de grains de coriandre
4 à 5 grains de poivre noir
Une gousse de cardamome verte
Un peu de muscade râpée par vos soins
Quelques feuilles sèches de cassis, frêne, etc.
Des pétales de fleurs (rose, jasmin…)
Preparation
Dans un récipient adéquat et passant au feu, versez le contenu de la bouteille de vin. Allumez un feu vif.
Ajoutez une à une les différentes parties végétales en commençant par les plus coriaces (cannelle, girofle, gingembre…) pour finir par les plus fragiles (feuilles, pétales…).
Le mélange va commencer à frémir, puis à bouillir. Vous êtes toujours là ? Les vapeurs d’alcool peuvent induire quelque absence… !?
Vous constatez l’apparition de gros bouillons dans votre marmite, cocotte ou que sais-je ? Coupez le feu et couvrez, non sans avoir, au préalable, doucement mélangé votre mixture.
Le temps de la macération débute. Placez votre gamelle couverte dans un lieu sec et pas trop frais. Vous l’y laisserez pendant 24 heures.
Une fois ce délai écoulé, allez récupérer votre récipient. Il s’agit maintenant d’ajouter le miel. On va devoir doucement réactiver la cuisson. Dès qu’un peu de vapeur se dégage, éteignez le feu et versez le miel en tournicotant votre spatule magique dans le mélange. C’est une étape obligatoire, le miel n’appréciant pas les très hautes températures.
C’est alors que le chinois intervient. Pour le filtrage, hein ! J’ai tenté le coup avec un entonnoir et un filtre à café, c’est l’enfer. Donc, le chinois, c’est mieux.
Vous voici donc avec environ 0,6 l d’hypocras. Comment ça, 0,6 l ??? Avec une bouteille de 75 cl ??? Bah oui, l’évaporation aidant, on a donc moins de volume. Sans compter tous ces fragments de plantes qui auront bien absorbé une partie du liquide durant les 24 heures qu’aura duré la macération. Et sans oublier la part de l’Invisible… :-)
Votre hypocras est filtré ? Bien. Embouteillez-le dans la bouteille d’origine du vin employé ou dans tout autre réceptacle pouvant être hermétiquement fermé.
Arrivé là, vos efforts sont (presque) récompensés. Vous avez le choix de placer cette bouteille dans votre réfrigérateur ou à l’air ambiant, pour une dégustation ultérieure.