Les croyances Ásatrú et Vanatrú : un petit guide pour débuter
- sorcellementvotre
- 13 mars 2025
- 10 min de lecture
L’Ásatrú est une religion néo-païenne ( donc une religion ancienne qui est entre guillemets revisité à la sauce moderne) qui s’inspire des croyances préchrétiennes dont polythéiste des peuples germano-scandinaves.
Elle peut se complétée (ou pas) d’une autre branche assez similaire qui est la branche neo-paienne Vanatrú.
=> Elle repose sur un culte des dieux nordiques, une connexion avec la nature et un respect des anciens codes d’honneur et des ancêtres.
Ces deux courants trouvent leurs racines dans la mythologie et les pratiques religieuses des anciens peuples scandinaves (car je n’aime pas dire viking car c’était un statu et non un peuple), mais aussi des peuples germaniques continentaux.

1. Origines et histoire
1.1. Les croyances originelles et leur évolution
Avant l’arrivée du christianisme, les peuples germano-scandinaves vénéraient un panthéon de divinités regroupées en deux grandes familles :
Les Ases (Æsir), qui regroupe les divinités incarnent les principes de l’ordre, du combat, de la sagesse et de la souveraineté. On peut citer par exemple : Odin, Thor, Tyr ou même encore Frigg.
Les Vanes (Vanir), qui regroupent les divinités associées à la fertilité, la prospérité, la nature et la magie. Ici on peut citer par exemple : Freyja, Freyr, Nerthus, ou encore Njörd.
Ces croyances, initialement orales, étaient transmises à travers principalement des poèmes épiques, des sagas et des pratiques rituelles, ce qui rend difficile de nos jours de pratiquer comme les anciens le pratiquaient.
1.2. Le renouveau de l’Ásatrú au XXe siècle
L’Ásatrú en tant que religion moderne est née au XXe siècle (le culte avait un autre nom à l'époque, Asatru est le therme moderne) dans un contexte de redécouverte et de réinterprétation des anciennes traditions nordiques.

Ce mouvement a été influencé par plusieurs facteurs :
L’intérêt croissant pour les mythes et sagas nordiques.
La volonté de retrouver des racines spirituelles préchrétiennes et centrés sur la nature.
Le développement du mouvement néo-païen en Europe et en Amérique du Nord.
L’Islande a été un des premiers pays à reconnaître officiellement l’Ásatrú en 1972, grâce à la fondation de l’Ásatrúarfélagið dirigée par Sveinbjörn Beinteinsson. Depuis, la religion s’est répandue et de nombreuses communautés existent aujourd’hui en Europe, aux États-Unis et au Canada.
1.3. L’émergence du Vanatrú
Le Vanatrú est une branche du paganisme nordique qui se concentre plus spécifiquement sur le culte des Vanes, en particulier Freyja, Freyr et Njörd. Ce courant met l’accent sur :

La connexion avec la nature et les cycles agricoles.
La magie et le chamanisme, souvent liés aux pratiques du seidhr et du galdr.
L’équilibre et la prospérité, plutôt que le combat et la conquête que prônent plus les Aesir.
Le Vanatrú attire souvent ceux qui recherchent une spiritualité plus axée sur la communion avec la Terre et la fertilité, en contraste avec l’Ásatrú, qui met davantage l’accent sur l’honneur et les valeurs guerrières.
2. Les divinités vénérées dans l’Ásatrú et le Vanatrú
Je vous ai préparé une petit liste pour illustrer les dieux principaux des deux peuples (Ases et Vanes). Il en existe bien plus que ceux que je cite.
2.1. Les Ases (Æsir)
Les Ases sont les divinités dominantes de la mythologie nordique, souvent associées aux valeurs guerrières, à la justice et à la connaissance.
Odin : Dieu principal des Ases, maître de la sagesse, de la guerre, de la magie et des morts.
Thor : Dieu du tonnerre, de la protection et de la force. Défenseur des dieux et des hommes contre les géants.
Frigg : Déesse de la maternité, du foyer et de la destinée. Épouse d’Odin.
Týr : Dieu du courage, de la guerre juste et de la justice.
Loki : Dieu du feu, du chaos et de la tromperie. Il est à la fois allié et ennemi des dieux.
Balder : Dieu de la lumière, de la pureté et de la beauté.
2.2. Les Vanes (Vanir)
Les Vanes sont les dieux de la fertilité, de la nature et de la prospérité. Ils sont souvent liés à la magie et au Seidhr.
Freyja : Déesse de l’amour, de la fertilité, de la guerre et de la magie.
Freyr : Dieu de la fertilité, de la paix et de l’abondance.
Njörd : Dieu de la mer, du vent et de la richesse.
Skadi : Déesse de la chasse, de l’hiver et des montagnes.
2.3. Autres figures spirituelles
Outre les dieux, l’Ásatrú et le Vanatrú honorent d’autres entités qui sont toutes aussi importantes :
Les Dises : esprits féminins protecteurs liés aux lignées familiales.
Les Landvættir : esprits de la nature veillant sur les territoires.
Les ancêtres : vénérés pour leur sagesse et leur protection.
3. Les Neuf Vertus Modernes de l’Ásatrú
Dans la pratique moderne de l’Ásatrú (aucune preuve n’est à ce jour confirmé que c’était le cas dans l’ancien temps), de nombreux groupes et pratiquants suivent un ensemble de valeurs fondamentales appelées les Neuf Vertus.
Inspirées des sagas nordiques et des anciennes traditions scandinaves, elles servent de guide moral et spirituel pour les adeptes de cette foi. Ces vertus ne sont pas des règles strictes, mais plutôt des principes à intégrer dans la vie quotidienne pour vivre en harmonie avec l’éthique nordique.
Nous avons :
Courage (Hugrekki) – Affronter les défis avec bravoure, que ce soit dans les batailles physiques ou dans la vie quotidienne. Il s’agit d’agir avec force face à l’adversité, sans fuir la difficulté.
Vérité (Sannleikr) – Être honnête avec soi-même et avec les autres. L’honneur repose sur la sincérité et l’intégrité, évitant ainsi les mensonges et la trahison.
Honneur (Virðing) – Agir avec dignité et respecter ses engagements. L’honneur est au cœur des anciennes sociétés nordiques, où la parole donnée avait une valeur sacrée.
Fidélité (Tryggð) – Rester loyal envers sa famille, ses amis et sa communauté. Cette vertu reflète l’importance des liens et de la confiance mutuelle.
Hospitalité (Gestrisni) – Accueillir les autres avec générosité et respect. Dans la culture nordique, offrir l’hospitalité était un devoir sacré, essentiel à la survie dans un environnement hostile.
Discipline (Agi) – Maintenir un équilibre entre liberté et responsabilité, en développant une autodiscipline forte pour atteindre ses objectifs.
Persévérance (Þrautseigja) – Ne jamais abandonner face aux difficultés. La vie est un combat constant, et la détermination est essentielle pour surmonter les épreuves.
Indépendance (Sjálfstæði) – Être maître de son destin et assumer la responsabilité de ses choix. L’Ásatrú valorise l’autonomie et la prise en main de sa propre existence.
Travail (Vinna) – Travailler dur pour améliorer sa condition et celle de sa communauté. L’effort et la contribution active sont des valeurs essentielles à la prospérité collective.
Ces vertus sont souvent considérées comme une manière d’honorer les dieux et les ancêtres en incarnant les idéaux d’une vie digne et respectée. Elles permettent aux pratiquants de l’Ásatrú de vivre selon un code éthique fort, en accord avec la philosophie nordique traditionnelle.
4. Les rites et célébrations

L’Ásatrú et le Vanatru sont des religions vivantes avec de nombreux rituels comme la plupart des religions polythéistes, dont :
Le Blót : c’est un rituel structuré qui mets en oeuvre un sacrifice (symbolique ou réel) en l’honneur des dieux et esprits et en leur faisant des offrandes (hydromel, bière, nourritures, objets,…)
Le Sumbel : une cérémonie de toasts et de récits en l’honneur des ancêtres et divinités, souvent, ils prennent une forme de cercle et chacun prend la parole à tour de rôle et prononce ses récits , objectif, serments et bénédictions. Il est de coutume de boire à chaque personne qui s’exprime.
Les fêtes saisonnières : comme le Jól (solstice d’hiver), Midsummer (solstice d’été) et Þorrablót (hommage à Thor)
4.1. Le Calendrier des Célébrations
Les Ásatrúar modernes suivent un calendrier de fêtes inspiré des anciens rites germano-scandinaves. Ces festivités sont souvent liées aux cycles saisonniers et aux événements mythologiques. Certaines n'ont pas de dates fixes car la date va dépendre essentiellement sur la Lune.
Nom | Date | Signification |
Jól (Yule) | Du 21 décembre au 1er Janvier | Célébration du solstice d’hiver, marquant le retour progressif de la lumière. On honore Odin et les ancêtres. C’est une période de festivités, de banquets et de partage. |
Dísablót | Début février | Rituel en l’honneur des Dises (esprits féminins protecteurs et ancêtres maternels). On demande protection et bénédictions pour l’année à venir. |
Þorrablót | Fin janvier - début février | Fête traditionnelle islandaise en l’honneur de Thor et de l’hiver. C’est une période de résilience et de célébration des forces de la nature. |
Ostara | 21 mars | Fête de l’équinoxe de printemps, célébrant le renouveau de la nature et la fertilité. Freyja et Freyr sont particulièrement honorés. |
Valaskjalf / Walpurgisnacht | 30 avril | Nuit de transition entre l’hiver et l’été. On célèbre les forces de la magie et on honore les esprits. Certains y voient une fête liée à Odin. |
Sigrblót / Sumarsdag | 1er mai | Célébration du début de l’été, avec des offrandes aux dieux pour assurer une saison prospère et victorieuse. Tyr et Odin sont souvent invoqués. |
Midsommar (Litha) | 21 juin | Fête du solstice d’été, marquant l’apogée de la lumière. Freyr et Balder sont particulièrement célébrés. Des feux de joie sont allumés en signe de protection. |
Freyfaxi / Loaf-Fest | 1er août | Fête des premières récoltes, dédiée à Freyr, dieu de la fertilité et de l’abondance. On remercie la nature et les dieux pour les moissons. |
Haustblót / Équinoxe d’automne | 21 septembre | Célébration de la fin des récoltes et de l’équilibre entre la lumière et l’ombre. On se prépare à l’hiver en rendant hommage aux divinités de la nature. |
Vetrnætr (Nuits d’hiver) | Fin octobre (29,30 et 31) | Marque l’entrée dans la saison sombre. C’est un moment où l’on honore les ancêtres et où les esprits sont plus proches du monde des vivants. |
Ces fêtes sont des occasions privilégiées pour se reconnecter avec la nature, les cycles du monde et les valeurs de la tradition nordique. Elles peuvent être célébrées seul ou en groupe, selon la préférence des pratiquants.
4.2. Le Rôle du Goði et de la Gyðja dans les Cérémonies et la Société
Après avoir vu les différentes célébrations, il y a nécéssité d’aborder un rôle assez spécifique. La présence d’un Goði (prêtre) ou d’une Gyðja (prêtresse). Cette présence est souvent essentielle pour la bonne tenue des cérémonies et des rituels. Ces figures occupent un rôle central dans la communauté, en tant que guides spirituels et intermédiaires entre les dieux, les ancêtres et les fidèles. Formation dont j’ai pu bénéficier.
Leur Rôle dans les Cérémonies

Le Goði ou la Gyðja préside les rites religieux, veillant à ce que les traditions soient respectées et que les cérémonies se déroulent correctement. Leurs principales fonctions incluent :
Diriger les Blóts : Ils mènent les rituels d’offrandes en invoquant les dieux et les esprits, et s’assurent que les participants participent de manière respectueuse.
Conduire les Sumbels : Ils animent ces moments de partage où l’on honore les divinités et les ancêtres à travers des toasts et des déclarations solennelles.
Offrir des bénédictions : Que ce soit pour des naissances, des mariages (handfastings), ou d’autres événements importants, ils jouent un rôle clé dans la consécration des unions et des engagements.
Superviser les rites de passage : Lorsqu’un individu passe d’une étape de la vie à une autre (majorité, mariage, funérailles), le Goði ou la Gyðja veille à ce que la transition soit marquée par un rituel approprié.
Leur Rôle dans la Société
Au-delà des cérémonies, ces figures spirituelles jouent un rôle essentiel dans la cohésion de la communauté Ásatrúar :
Conseillers et mentors : Ils guident les pratiquants sur des questions spirituelles, éthiques et philosophiques, aidant chacun à mieux comprendre les sagas et les traditions nordiques.
Gardiens du savoir : Ils transmettent les mythes, les valeurs et les enseignements de l’Ásatrú aux nouvelles générations, veillant à préserver la culture et la mémoire des anciens.
Médiateurs : En cas de conflit au sein d’un groupe, ils peuvent agir comme arbitres pour aider à résoudre les différends en s’appuyant sur l’éthique nordique.
Dans certaines communautés modernes, les Goðar (pluriel) et Gyðjur (pluriel) sont élus ou désignés en raison de leur connaissance des textes anciens et de leur capacité à guider les autres. Cependant, contrairement aux prêtres de religions monothéistes, ils ne sont pas considérés comme des figures d’autorité absolue, mais plutôt comme des guides spirituels qui facilitent la connexion entre les fidèles et les forces divines.
5. La place des ancêtres et des esprits
Dans l’Ásatrú, les ancêtres occupent une place essentielle. Ils ne sont pas simplement des figures du passé, mais des forces vivantes qui continuent d’influencer la vie des générations actuelles. Honorer les ancêtres, c’est reconnaître leur rôle dans la transmission du savoir, des valeurs et du patrimoine spirituel.
Ce culte ancestral est profondément ancré dans la culture nordique et germanique et se manifeste à travers divers rites et pratiques. Il faut savoir que les esprits de la nature (landvættir) et les elfes sont également respectés, car ils participent à l’équilibre du monde.
Il existe aussi la notion du Hamingja : Un concept désignant la chance et la force spirituelle qui se transmet de génération en génération dans la famille
Ainsi, les ancêtres sont donc perçus comme des gardiens et des soutiens, pouvant offrir protection, conseils et bénédictions aux vivants. En retour, il est du devoir des descendants de les honorer et de perpétuer leur mémoire.
5.2. Les Différentes Manières d’Honorer les Ancêtres
Dans l’Ásatrú moderne, plusieurs pratiques permettent de rendre hommage aux ancêtres, selon les préférences et la sensibilité de chaque pratiquant.
=>1. Le Blót aux Ancêtres
Comme pour les dieux, il est possible d’organiser un Blót (offrande rituelle) en l’honneur des ancêtres. Ce rituel peut inclure :
Une offrande de nourriture ou de boisson (pain, hydromel, bière...) déposée sur un autel ou en pleine nature.
Une invocation où l’on rappelle les noms et les exploits des ancêtres pour leur témoigner du respect.
Un moment de méditation ou de prière pour entrer en contact avec leur énergie et demander leur guidance.
=>2. L’entretien d’un autel ancestral
Beaucoup d’Ásatrúar consacrent un espace dans leur maison à leurs ancêtres, en créant un autel sur lequel ils placent :
Des photos ou des objets ayant appartenu à leurs ancêtres.
Des bougies et des offrandes régulières.
Des runes ou des symboles de protection pour maintenir un lien spirituel avec eux.
=>3. Le Sumbel en leur honneur
Lors d’un Sumbel (cérémonie où l’on boit en l’honneur des forces spirituelles), il est courant de dédier un toast aux ancêtres. Chaque participant peut raconter une histoire ou un souvenir les concernant, renforçant ainsi le lien avec le passé et perpétuant leur mémoire. C’est une manière aussi qui permet de les maintenir en vie à travers le souvenir.
=>4. Les célébrations des Nuits d’Hiver (Vetrnætr)
L’entrée dans la saison sombre, marquée par les Vetrnætr (fin octobre - début novembre), est une période propice pour honorer les ancêtres. À cette occasion, certains pratiquants :
Allument des bougies en leur mémoire.
Laissent un repas ou une place vide à table pour inviter symboliquement les ancêtres à partager le festin.
Font des méditations ou des rêves guidés pour tenter de communiquer avec eux.
=>5. L’entretien des tombes et sites ancestraux
Dans la tradition nordique, rendre visite aux tombes des ancêtres et y laisser des offrandes était une manière de leur montrer du respect. Aujourd’hui, certains Ásatrúar perpétuent cette tradition en nettoyant les tombes familiales, en y déposant des fleurs ou en récitant des prières.
6. L’Ásatrú aujourd’hui
L’Ásatrú, bien que basé sur les croyances et traditions des peuples germano-scandinaves, a connu une renaissance au XXᵉ siècle et s’est adapté au monde contemporain. Il n’est plus seulement une religion historique, mais un système de croyances vivantes, structuré autour de valeurs, de rituels
Aujourd’hui, l’Ásatrú se pratique sous différentes formes, selon les sensibilités et les courants :
Le reconstructionnisme strict : Certains Ásatrúar cherchent à restaurer fidèlement les croyances et pratiques d’origine, en se basant sur les sagas et les découvertes archéologiques.
Une approche spirituelle et philosophique : Pour d’autres, l’Ásatrú est avant tout une manière de vivre en accord avec des valeurs traditionnelles (honneur, loyauté, respect des ancêtres) plutôt qu’un cadre religieux rigide.
L’inclusion du Vanatrú : Certains pratiquants mettent l’accent sur les Vanes (Freyr, Freyja, Njörd...) et une connexion profonde avec la nature et la fertilité.
Un néopaganisme ouvert : Certains groupes intègrent des éléments modernes, comme la magie runique, l’écologie spirituelle et l’interprétation libre des mythes.
L’Ásatrú moderne rejette généralement les dogmes et encourage une connexion personnelle avec les dieux et les forces de la nature, permettant à chacun de pratiquer selon ses propres croyances et affinités.



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